Consentement : pourquoi dire "oui" ne signifie pas toujours consentir
- Bénédicte Catrou

- 1 juil.
- 4 min de lecture

« Mais j'ai fini par dire oui... alors est-ce vraiment un viol ? »
C'est une question que beaucoup de femmes se posent, parfois des années après les faits. Souvent, un souvenir ressurgit, un détail revient, et tout ce qui semblait "normal" à l'époque prend soudain une autre signification.
La réalité est qu'un "oui" n'est pas toujours un consentement.
Qu'est-ce que le consentement ?
Le consentement est un accord donné librement, volontairement, en toute conscience et pouvant être retiré à tout moment.
Pour qu'il soit valable, il doit être :
libre de toute pression ou menace ;
éclairé, c'est-à-dire donné en connaissance de cause ;
spécifique à chaque relation sexuelle ;
réversible : on peut changer d'avis à n'importe quel moment.
Le silence n'est pas un consentement.L'absence de résistance n'est pas un consentement.Pleurer sans oser parler n'est pas un consentement.Se laisser faire pour éviter une dispute n'est pas un consentement.
Quand le "oui" est prononcé sous la peur
Certaines femmes ne disent pas "oui" parce qu'elles en ont envie.
Elles disent oui parce qu'elles savent ce qui les attend si elles refusent.
Des reproches.Des insultes.Du mépris.Des menaces.Des heures de conflit.Le sentiment d'être une "mauvaise épouse" ou une "mauvaise compagne".
Alors elles finissent par céder.
Non pas parce qu'elles désirent cette relation sexuelle, mais parce que leur cerveau cherche la solution la moins dangereuse.
Ce n'est pas un choix libre.
C'est une stratégie de survie.
Pourquoi le corps se fige
Lorsqu'une personne se sent en danger, son système nerveux ne choisit pas uniquement entre fuir ou se battre.
Il existe une troisième réponse, très fréquente chez les victimes de traumatismes : le figement.
Le corps devient immobile.Les émotions se coupent.La personne se dissocie.Elle "fait l'étoile", attend que cela passe.
Beaucoup de survivantes me disent :
« J'étais là sans être là. »
Ou encore :
« Je laissais faire en attendant que ce soit terminé. »
Ces réactions sont normales lorsqu'un organisme tente de survivre à une situation vécue comme une menace.
Elles ne signifient jamais que la personne était consentante.
Le viol conjugal existe
Pendant longtemps, la société a laissé croire que le mariage ou la vie de couple donnaient un droit permanent au corps de l'autre.
C'est faux.
Chaque relation sexuelle nécessite un consentement.
Même dans un couple.Même après vingt ans de mariage.Même si l'on a déjà eu des rapports la veille.
Le désir ne se doit pas.
Le corps de votre partenaire ne vous appartient jamais.
"Mais il m'aimait pourtant..."
C'est une phrase que j'entends souvent.
Oui, une personne peut avoir été présente dans certains moments difficiles de votre vie.
Oui, elle peut vous avoir soutenue.
Oui, elle peut aussi avoir dépassé vos limites sexuelles.
Ces réalités ne s'annulent pas.
Reconnaître des violences sexuelles ne signifie pas nier tout le reste de l'histoire.
Cela signifie simplement remettre des mots justes sur ce que vous avez vécu.
Les conséquences invisibles
Lorsque le consentement a été ignoré pendant des mois ou des années, les séquelles peuvent persister longtemps :
perte du désir ;
douleurs pendant les rapports ;
difficulté à dire non ;
culpabilité permanente ;
déconnexion du corps ;
absence de plaisir ;
impression de "jouer un rôle" pendant la sexualité ;
peur de l'intimité.
Beaucoup de femmes pensent être "cassées".
En réalité, leur système nerveux continue simplement de fonctionner comme s'il devait encore les protéger.
Peut-on retrouver le plaisir ?
Oui.
Le plaisir ne se force pas.
Il renaît lorsque le corps retrouve la sécurité.
Avant de parler de sexualité, il est souvent nécessaire de reconstruire :
la sécurité intérieure ;
l'écoute de ses sensations ;
le droit de dire oui…
mais aussi le droit de dire non.
Petit à petit, le corps cesse d'être un lieu de survie pour redevenir un lieu de vie.
Le désir revient alors naturellement, non pas parce qu'on l'a obligé à revenir, mais parce que l'on retrouve la liberté de choisir.
Mon accompagnement Sexo-Zen
J'accompagne les femmes qui ont vécu des traumatismes sexuels, des violences conjugales, des relations sous contrainte ou qui ont simplement perdu le lien avec leur corps.
Mon approche ne consiste pas à "réparer" votre sexualité.
Elle consiste à vous aider à retrouver votre sécurité intérieure, à sortir des mécanismes de survie, à comprendre ce que votre corps a mis en place pour vous protéger et à vous réapproprier progressivement votre plaisir, votre désir et votre liberté.
Chaque femme avance à son rythme.
Sans obligation.Sans performance.Sans injonction.
Parce que le véritable plaisir ne naît jamais de la contrainte.
Il naît d'un corps qui se sent enfin libre.
Vous avez le droit de vous reconstruire
Si certaines lignes de cet article résonnent en vous, sachez une chose essentielle :
Vous n'êtes pas responsable des violences que vous avez subies.
Et surtout, vous n'êtes pas condamnée à vivre toute votre vie avec leurs conséquences.
Il existe un chemin pour retrouver votre corps, votre voix et votre capacité à aimer sans avoir peur.
C'est ce chemin que je serai heureuse de parcourir à vos côtés.
Bénédicte, créatrice de l'espace Cicruit Zen






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